Communiqué de presse de la Coalition congolaise pour la Justice Transitionnelle

"
Déclaration N°002/2008 de la Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle du 15 février 2008

          Pour l’arrestation d’autres criminels par la Cour penale Internationale en RDC

La Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle « CCJT » en sigle est préoccupée par la marche vers l’établissement d’un Etat de droit dans notre pays qui se concrétise à travers la lutte contre l’impunité qui devient de plus en plus une réalité vivante en RD Congo.

En effet, elle salue de vive voix la matérialisation des poursuites à l’endroit d’autres criminels qui se sont rendus coupables des crimes graves en RD Congo par la Cour Pénale Internationale.

Ainsi, L’arrestation  à Kinshasa et le transfert à La Haye aux Pays Bas, le 06 février 2008 de monsieur Mathieu NGUDJOLO CHUI, ancien commandant de la milice du Front Nationaliste et Intégrationniste, FNI en sigle, alors qu’il était encore en formation au Groupe des Ecoles Supérieures Militaires de Kinshasa, constitue un élément à encourager dans ce processus.

Cette arrestation qui intervient après celles de Thomas LUBANGA et de Germain KATANGA amène à trois le nombre des congolais poursuivi par la Cour pénale Internationale depuis sa création. Elle intervient également sept mois après que le mandat d’arrêt ait été délivré contre lui par la Chambre préliminaire 1, soit exactement le 6 juillet 2007.

Parmi les motifs d’arrestation de NGUDJOLO, l’on cite : l’attaque généralisée sur le village de Bogoro, la réduction en esclavage sexuel de plusieurs femmes et filles, le meurtre d’environ 200 Civils

Pour plus d’un observateur, il est question de savoir pourquoi cette arrestation a été réalisé au lendemain de la clôture de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement, soit 15 jours après la signature de l’Acte d’engagement signés entre les groupes armés du Nord et du Sud Kivu en République Démocratique du Congo.

Au stade actuel de poursuites effectuées par la CPI en RD Congo, il est impérieux que l’opinion se rende compte que c’est le troisième cas identifié et saisi sur des crimes commis en Ituri dans la province orientale.
Certains auteurs d’autres crimes dans d’autres provinces du pays comme le Kivu ne sont  pas encore, pour la plupart des cas, inquiétés.

La CCJT continue à  encourager le travail de la Cour sur le terrain et à La Haye pour la lutte contre l’impunité. Elle émet le vœu que  soient réalisés des efforts intenses pour donner la chance aux victimes à participer dans la procédure afin d’éclairer les lanternes de la cour et qu’elles soient consultées sur la réparation à leur allouer en forme d’indemnisation.

La CCJT invite la Cour à étendre ses activités sur les crimes commis dans les autres provinces de la RDC pour répondre aux attentes exprimées lors de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Nord et du Sud Kivu

Enfin, la CCJT encourage toute visite de la communauté internationale pour se rassurer et renforcer le suivi de l’Acte d’engagement et des résolutions de la Conférence précitée."

Fait à Bukavu, le   16 février 2008

Pour la CCJT ;

Raphaël WAKENGE

Coordinateur National


Imprimer