Des milliers de Congolaises réclament justice et égalité
8 mars 2008 - AFP

Des milliers de femmes ont défilé samedi dans les villes de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) pour exiger la fin de l'impunité pour les auteurs de violence sexuelle et des efforts accrus en faveur de la parité au sein des institutions.

A Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu (est), les femmes ont manifesté au stade de la ville, interpellant les autorités sur leur responsabilité dans la protection des citoyennes, a constaté un correspondant de l'AFP.
"La loi sur les violences sexuelles (adoptée en 2006) n'est pas appliquée, les femmes ne sont souvent pas informées de leurs droits", a déploré Espérance Katungu, représentante d'une association de commerçantes.

De son côté, Elodie Kisimba, de l'Association des mamans engagées pour le développement, a réclamé une lutte plus ferme "contre les crimes contre l'humanité et les viols" au Nord-Kivu, une province marquée en 2007 par de violents combats impliquant l'armée et différentes milices.
"En 2007, plus de 7.000 cas de violences sexuelles ont été signalés au Nord-Kivu. Les viols ont encore augmenté par rapport à 2006, surtout dans les territoires en conflit, comme Masisi et Rutshuru (des zones où un habitant sur trois a fui son village)", a déclaré à l'AFP Marie-Gorette Ntabugi, coordinatrice de la Commission provinciale de lutte contre les violences sexuelles.

Au Sud-Kivu voisin, les chiffres sont encore plus effarants: la coordination provinciale a recensé pour la même période 15.056 cas de violences sexuelles, essentiellement commis dans des territoires ruraux où sévissent des rebelles hutus rwandais et des milices congolaises.

"Il y a quand même une diminution par rapport à 2006, où on avait atteint plus de 27.000 cas", a expliqué à l'AFP Jean-Paul Ngongo, président de la Synergie provinciale de lutte contre les violences sexuelles.
Au cours d'un meeting regroupant des milliers de femmes à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, il a souligné le manque cruel de structures hospitalières adaptées au traitement des femmes violées, réclamant un "effort de l'Etat" pour créer de nouveaux centres.


A Bukavu, des femmes venues de tous les quartiers ont convergé vers le centre-ville, paralysant pendant près de quatre heures la circulation, brandissant des banderoles où l'on pouvait lire: "Non à l'impunité", "Scolarité pour tous", "Nous sommes fatiguées des violences sexuelles".


A la tribune installée place de l'Indépendance à Bukavu, Safula Nunu, vice-présidente de l'Association pour la promotion et l'entrepreunariat féminin, a appelé les femmes à la "mobilisation" pour imposer leurs priorités aux décideurs politiques au Sud-Kivu.
Peu représentées au sein des institutions en RDC, les femmes sont 42 sur 500 députés nationaux (8%) et moins de 3% au sein des assemblées provinciales.




 

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