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Des
milliers de femmes ont défilé samedi dans
les villes de l'est de la République
démocratique du Congo (RDC) pour exiger la
fin de l'impunité pour les auteurs de
violence sexuelle et des efforts accrus en
faveur de la parité au sein des
institutions.
A
Goma, capitale de la province troublée du
Nord-Kivu (est), les femmes ont manifesté au
stade de la ville, interpellant les
autorités sur leur responsabilité dans la
protection des citoyennes, a constaté un
correspondant de l'AFP.
"La loi sur les violences sexuelles (adoptée
en 2006) n'est pas appliquée, les femmes ne
sont souvent pas informées de leurs droits",
a déploré Espérance Katungu, représentante
d'une association de commerçantes.
De son
côté, Elodie Kisimba, de l'Association des
mamans engagées pour le développement, a
réclamé une lutte plus ferme "contre les
crimes contre l'humanité et les viols" au
Nord-Kivu, une province marquée en 2007 par
de violents combats impliquant l'armée et
différentes milices.
"En 2007, plus de 7.000 cas de violences
sexuelles ont été signalés au Nord-Kivu. Les
viols ont encore augmenté par rapport à
2006, surtout dans les territoires en
conflit, comme Masisi et Rutshuru (des zones
où un habitant sur trois a fui son
village)", a déclaré à l'AFP Marie-Gorette
Ntabugi, coordinatrice de la Commission
provinciale de lutte contre les violences
sexuelles.
Au Sud-Kivu voisin, les chiffres sont encore
plus effarants: la coordination provinciale
a recensé pour la même période 15.056 cas de
violences sexuelles, essentiellement commis
dans des territoires ruraux où sévissent des
rebelles hutus rwandais et des milices
congolaises.
"Il y a quand même une diminution par
rapport à 2006, où on avait atteint plus de
27.000 cas", a expliqué à l'AFP Jean-Paul
Ngongo, président de la Synergie provinciale
de lutte contre les violences sexuelles.
Au cours d'un meeting regroupant des
milliers de femmes à Bukavu, capitale du
Sud-Kivu, il a souligné le manque cruel de
structures hospitalières adaptées au
traitement des femmes violées, réclamant un
"effort de l'Etat" pour créer de nouveaux
centres.
A
Bukavu, des femmes venues de tous les
quartiers ont convergé vers le centre-ville,
paralysant pendant près de quatre heures la
circulation, brandissant des banderoles où
l'on pouvait lire: "Non à l'impunité",
"Scolarité pour tous", "Nous sommes
fatiguées des violences sexuelles".
A la tribune installée place de
l'Indépendance à Bukavu, Safula Nunu,
vice-présidente de l'Association pour la
promotion et l'entrepreunariat féminin, a
appelé les femmes à la "mobilisation" pour
imposer leurs priorités aux décideurs
politiques au Sud-Kivu.
Peu représentées au sein des institutions en
RDC, les femmes sont 42 sur 500 députés
nationaux (8%) et moins de 3% au sein des
assemblées provinciales.
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