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Une ONG dénonce la détention illégale de mineurs en RDC

AFP

16 juin. 08

 

KINSHASA, 16 juin 2008 - Une organisation congolaise de défense des droits de l'Homme a dénoncé lundi la détention illégale de mineurs, dont des "prisonniers de guerre", en République démocratique du Congo (RDC), dans un rapport publié à l'occasion de la Journée de l'enfant africain.

L'Association africaine de défense des droits de l'Homme (Asadho) évoque notamment le cas de 31 enfants issus du groupe armé du chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda "faits prisonniers" en décembre 2007 lors de combats entre ce mouvement et l'armée régulière au Nord-Kivu (est).

Ces mineurs, incarcérés pour "trahison" ou "espionnage", ont été transférés en janvier 2008 à Kinshasa, où ils sont actuellement détenus dans un centre d'internement militaire. Ils n'ont, selon l'Asadho, "jamais eu la possibilité de se défendre" contre ces accusations.

L'ONG dénonce aussi la situation de sept enfants, suspectés d'être des partisans de l'ex-vice-président et opposant Jean-Pierre Bemba et qu'elle considère comme des "détenus politiques".

Ces mineurs ont été arrêtés fin mars 2007 à Kinshasa pour "participation à un mouvement insurrectionnel", après de sanglants affrontements entre la garde présidentielle et la garde rapprochée de l'ex-rebelle Bemba, qui a été totalement défaite.

Depuis leur arrestation, les sept mineurs n'ont été "ni entendus, ni présentés devant un juge". Ils sont privés "de soins médicaux, d'une alimentation acceptable" et "exposés à l'influence criminelle de leurs codétenus adultes", souligne l'Asadho, qui dit avoir demandé en vain leur remise en liberté.

L'ONG estime que le gouvernement congolais "viole ses obligations internationales relatives à la protection des droits de l'enfant" et rappelle que les autorités judiciaires militaires ne sont "pas fondées à poursuivre et juger des personnes civiles", comme c'est le cas de plusieurs des enfants incarcérés.

L'Asadho demande à ce que les mineurs soient immédiatement séparés des adultes dans tous les lieux de détention et recommande l'examen "en toute urgence des dossiers de tous les mineurs actuellement détenus" en vue de leur libération ou de leur présentation devant une juridiction compétente.

      

 

 

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