La Chambre de première instance
ordonne la suspension de l'affaire concernant Thomas Lubanga Dyilo
African
Press Organisation
17 juin. 08
LA HAGUE, Pays-Bas, June 16, 2008/African
Press Organization (APO)/ — Le 13 juin 2008, la Chambre de première
instance I a ordonné la suspension de l’affaire Le Procureur c.
Thomas Lubanga Dyilo. Sauf ordonnance contraire de la Chambre, la
procédure dans son ensemble restera au point mort.
Dans ces circonstances, la Chambre a fixé au mardi 24 juin 2008, à
14 heures, la tenue d’une audience consacrée à l’éventuelle mise en
liberté de l’accusé.
Après avoir oralement décidé, le 11 juin 2008, que le procès ne
débuterait pas le 23 juin 2008, la Chambre de première instance I a
rendu une décision relative aux conséquences de la noncommunication
de pièces à décharge visées par des accords prévus à l’article 543e,
à la demande de suspension des poursuites contre l’accusé, ainsi
qu’à certaines autres questions soulevées lors de la conférence du
mise en état du 10 juin 2008.
La Chambre a conclu que l’Accusation n’avait pas correctement
appliqué l’article 543e du Statut de Rome, qui permet au Procureur,
dans des cas exceptionnels, de recevoir, à condition qu’ils
demeurent confidentiels, des renseignements ou des documents qui ne
sont pas destinés au procès mais doivent servir uniquement à obtenir
de nouveaux éléments de preuve.
La Chambre estime qu’en l’espèce, un nombre considérable d’éléments
de preuve à décharge n’ont pas été communiqués à l’accusé, qui n’a
donc pas pu préparer dûment sa défense.
En l’espèce, plus de 200 documents, dont l’Accusation reconnaît
qu’ils pourraient être à décharge ou autrement utiles à la
préparation de la défense, ont été obtenus de sources, telles que
l’Organisation des Nations Unies, qui ont exigé qu’ils ne soient pas
divulgués.
Les juges ont conclu que la communication à l’accusé d’éléments de
preuves à décharge en la possession de l’Accusation constitue un
aspect fondamental de son droit à un procès équitable.
Rappel
Le 17 mars 2006, Thomas Lubanga Dyilo, fondateur et dirigeant de
l’Union des patriotes congolais (UPC), a été arrêté et remis à la
Cour en application d’un mandat d’arrêt délivré par la Chambre
préliminaire I à la demande du Procureur.
Le 29 janvier 2007, la Chambre préliminaire I a confirmé les charges
portées par le Procureur contre Thomas Lubanga Dyilo, lequel aurait
commis des crimes de guerre en procédant à la conscription et à
l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans les FPLC, l’aile
militaire de l’UPC, et en les faisant participer activement à des
hostilités en Ituri, de septembre 2002 au 13 août 2003.
L’affaire Le Procureur c. Thomas Lubanga Dyilo est la première qui
s’inscrit dans le cadre de la situation en RDC, la deuxième affaire
est Le Procureur c. Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, et la
troisième affaire est Le Procureur c. Bosco Ntaganda. Les enquêtes
se poursuivent en RDC.