Sud-Kivu: Lancement de la
campagne zéro enfant associé
aux forces et groupes armés
S. Buonvino & J. Kasami /
MONUC
24 juin. 08
A
Bukavu, le 23 juin 2008 a
marqué le lancement officiel
de la campagne de
sensibilisation «Zéro Enfant
Associé aux Forces et
Groupes Armés», patronnée
par la Première Dame de la
RD Congo, Olive Kabila Lembe
et organisée par l’Unité
d’Exécution du Programme
National de Désarmement,
Démobilisation et
Réinsertion (UEPN-DDR, ex
CONADER).
La campagne, lancée par le
Gouverneur du Sud Kivu,
Louis Muderhwa et présidée
par le directeur de l’UEPN-DDR,
a vu la participation de
différents intervenants,
parmi lesquels le
coordinateur national du
Programme AMANI et le
représentant des groupes
armés au Sud Kivu.
C’est dans le mois dédié à
l’Enfant Africain, que l’UNPN-DDR
a décidé de faire coïncider
le lancement de cette
campagne, avec objectif
focal de libérer tous les
enfants qui sont engagés au
sien des forces et groupes
armés actifs au Sud Kivu, et
de les réinsérer dans le
contexte civil.
Le projet, qui se réalise
avec l’appui de l’UNICEF, la
MONUC, la Banque Mondiale et
la Banque Africaine du
Développement, vise à
sensibiliser en première
instance les FARDC et les
différents groupes armés
opérant le recrutement de
mineurs dans leurs rangs.
Dans son discours
d’ouverture, le directeur de
l’UEPN-DDR a exposé la
gravité de la situation
concernant le recrutement
d’enfants à l’Est de la RDC
et particulièrement au Sud
Kivu. Dans ce sens, il a
souligné comment le problème
ne touche pas seulement les
victimes directes de cet
acte, mais toute la
collectivité. Selon ses
mots: «Le recrutement dans
les groupes armés
déshumanise les enfants. Ces
enfants doivent sortir des
milices dans l’immédiat».
C’est en exhortant les
Autorités provinciales du
Sud Kivu à la collaboration,
qu’il a conclue en demandant
à tous les groupes armés
d’adhérer sans
tergiversation au programme
AMANI.
La complexité de la
problématique a aussi été
relevée par l’UNICEF et la
MONUC. Selon les rapports
des organisations opérant
dans le domaine de
protection de l’enfance,
malgré des pas énormes faits
par le programme national
DDR vers la réinsertion des
enfants soldats dans le
cadre civil, le phénomène
concerne à peu près 7000
mineurs, filles et garçons,
dans l’est du Pays, dont
environ 1500 au Sud Kivu,
utilisés pour aller à la
guerre et aussi comme
esclaves sexuels. Les
territoires plus sensibles à
l’enrôlement d’enfants
soldats: Shabunda, Mwenga,
Fizi, Kalehe et Walungu.
A son tour, le coordinateur
de la Coalition pour mettre
fin à l’utilisation des
enfants soldats, a rappelé
que le recrutement des
mineurs par les groupes
armés est contraire aux
normes internationales
ratifiées par la RDC, ainsi
qu’au système des normes
juridiques nationales, et
donc, il n’y a pas
d’argument acceptable pour
le justifier.
Les statistiques des
associations spécialisées
dans les droits de l’Enfant
attestent que le recrutement
se poursuit. C’est face à
cette situation, qui met un
fusil et des cartouches dans
les mains d’un enfant, au
lieu d’une stylo et un
cahier, que le porte-parole
des groupes armés du
Sud-Kivu, Joseph Assanda,
s'est engagé à s'impliquer
pour la réussite de la
campagne à travers ces mots:
«Nous réaffirmons notre
ferme engagement que nous
ferons sortir tous les
enfants qui se
retrouveraient encore dans
l’un ou l’autre groupe armé
signataire de l’acte
d’engagement de Goma. Nous
croyons qu’avec le programme
AMANI on voudrait mettre fin
aux groupes armés et ainsi
on ne parlera plus des
enfants associés aux forces
et groupes armé parce qu’il
ne restera que les FARDC».
A son tour, le Parlement des
enfants du Sud-Kivu a
dénoncé la lenteur qui
caractérise le processus DDR,
espérant que les promesses
des uns et des autres se
concrétisent.
Avant des scénettes sur le
thème du désarmement,
démobilisation et
réinsertion sociale des
enfants soldats, un
témoignage des quatre
ex-enfants soldats a été
fait. Après plusieurs années
passés dans l’armée, ces
enfants ont été réinsérés
dans le cadre civil et
scolaire, grâce au programme
national DDR et la
collaboration des différents
partenaires, y compris, le
centre d’encadrement
scolaire et professionnel
BVES. Parmi ces enfants, un
garçon de 17 ans, resté dans
l’armé 10 ans et une fille
enrôlée à l’âge de 12 ans.
La cérémonie officielle du
lancement de la campagne de
sensibilisation Zéro Enfant
Associé aux Forces et
Groupes Armés, s’est conclue
avec les mots du Gouverneur,
qui a accentué l’importance
prioritaire au Sud Kivu, de
mettre fin au recrutement
d’enfants soldats. Selon les
mots de l’Autorité de la
province, le phénomène: «est
une faute incommensurable
commise par des adultes
irresponsables à l’encontre
des enfants. La RDC a pris
une option claire contre la
guerre, en faveur de la
démocratie. Nous devons
renforcer les structures de
DDR et soutenir les
différentes démarches
judiciaires afin de
combattre la pratique du
recrutement des enfants
soldats au Sud Kivu. Nous
exhortons les structures
impliquées dans le processus
de DDR à aller en avant,
afin de mette fin à ce
comportement absurde et
antirépublicain».